« Monsieur, vous roulez avec des amortisseurs conformes aujourd’hui ou bien c’est toujours les mêmes que lors des 12h ? »
Voilà en une phrase une des conséquences que peut provoquer un déclassement, justifié ou non, lors d’une épreuve automobile. Malgré le travail accompli par les mécaniciens avant et pendant la course, malgré la remarquable prestation des pilotes sur la piste, malgré la fiabilité exemplaire de la Renault Mégane Trophy Endurance badgée RedBull tout au long de l’épreuve spadoise et enfin malgré le reclassement de la voiture faute de preuve suffisante, le mal est fait. On ne pourra pas empêcher les passionnés et simples quidams de penser que le Delahaye Racing Team a peut-être triché pour remporter l’épreuve la plus prestigieuse du championnat. Finalement, les seuls à connaître toute la vérité, ce sont les membres du team eux-mêmes. Fort de cette constatation, rien ne pourra empêcher chacun d’entre nous de dormir paisiblement. Nous savons que tout a été fait dans le respect du règlement et de l’éthique sportive. Nous avons gagné les 12h de Francorchamps sur la piste. On a dû attendre près de trois semaines pour les gagner sur les bancs. Une ligne de plus vient s’ajouter au palmarès déjà bien fourni du team qui n’en est qu’à sa huitième année d’existence. En attendant la confirmation de notre victoire par le RACB, le team n’a pas eu d’autres choix que de déjà préparer activement la prochaine manche du BTCS qui avait lieu le week-end dernier sur le toboggan ardennais en ouverture des 25h Fun Cup.
Le format proposé pour ce 4ème meeting de la saison était un peu différent que lors des premières manches puisque chaque course ne durait plus 90 minutes mais bien 60. Il s’agissait donc d’un véritable sprint. Les pilotes étaient obligés de considérer chaque tour de circuit comme un nouveau tour de qualification. Aucun droit à l’erreur. Les pertes de temps derrière les attardés allaient se payer cash au final. Et, encore plus que d’habitude, la stratégie de course allait déterminer le résultat final de chaque voiture. Dans ces conditions, l’expérience fait souvent la différence. Sur ce point, le Delahaye Racing Team peut se vanter de disposer de deux paires de pilotes très expérimentés et complémentaires. Il suffisait au team de se mettre au diapason de ses deux équipages. Là aussi, le team est paré avec un fin tacticien comme Thierry Tassin et des mécanos entièrement dévoués à la cause DRT. Il ne restait plus qu’à enclencher la première et à se lancer dans la bataille pour la pole position.
Deux fois 45 minutes pour déterminer qui allait se lancer en tête lors des deux manches et cela devant plusieurs dizaines de milliers de spectateurs. Je dois avouer que personnellement j’étais un peu déçu du résultat final. Avec deux 6ème positions pour la paire Mollekens - Defourny et une 4ème et 3ème place pour Vosse - Bouvy, il était certain que les pilotes allaient devoir se retrousser les manches pour terminer devant le reste du peloton le lendemain. Mais je vous l’ai dis, l’expérience des pilotes, le travail de tous les membres du team et la stratégie de course allaient être primordiales. Et cela s’est vérifié. Suite à une analyse minutieuse du règlement, il est apparu que la stratégie idéale était de ravitailler le plus tôt possible et de laisser le même pilote dans la voiture pour éviter une perte de temps provoquée par l’acclimatation du deuxième pilote à la voiture. La prise de risque est grande puisque si un des pilotes ne fait pas deux tours au total des deux manches, il ne reçoit aucun point. Dans l’optique du titre, Vincent et Fred préfèrent s’échanger le volant lors du ravitaillement. Avec la victoire lors des deux manches comme objectif, Kurt et Didier sont obligés de prendre le risque maximum. Kurt fera donc seul la première manche alors que Didier sera au volant lors de la seconde.
Nous sommes à la vingtième minutes, soit le début de la période de ravitaillement. Le panneauteur signale à tous les mécanos que Kurt va rentrer au stand lors du prochain tour. La voiture se trouve pour le moment en 2ème position à quelques secondes de l’Audi de Verbergt et Hemroulle. Après un bon départ, Kurt a buté sur la Peugeot de Steveny – Ferté. Vu la vitesse de pointe de la lionne en bout de ligne droite, le dépassement est très difficile. Il faudra plusieurs tours à Kurt et toute sa science du pilotage pour finalement dépasser la 406. De son côté, Fred reste coincé dans les échappements de cette même Peugeot et devra attendre les ravitaillements pour passer devant. Seconde après seconde, Kurt remonte sur la tête de la course. Il dépasse la Mégane de Horion - Dermont puis la M3 championne en titre de Lupant - Sougnez. Nous revoilà à la 20ème minutes à l’approche du ravitaillement. Kurt rentre dans la voie des stands. Les mécanos sont déjà tous prêts à intervenir. En quelques secondes, la voiture est à l’arrêt. Kurt sort de la voiture, claque la porte et la rouvre directement pour se remettre à son volant. Pendant ce temps, le préposé à l’essence rajoute 15 litres par sécurité. A peine le plein fait et le pilote sanglé, Kurt redémarre le moteur. 17 secondes après s’être arrêtée, la Renault Mégane Trophy Endurance n°3 est repartie. Vitesse limitée à 60 km/h dans la voie des stands jusqu’au feu de sortie. Accélération maximale dès franchissement de ce dernier et remontée sur la piste loin derrière les leaders puisque nous sommes les premiers à rentrer au stand. Fred rentrera au tour suivant. Au fur et à mesure des ravitaillements et des dépassements sur la piste, nos deux voitures remontent dans le classement. Au moment où l’Audi rentre aux stands, la victoire se joue. L’Audi sort des stands au moment où Kurt passe devant nous. En haut du raidillon, Kurt sait qu’il est beaucoup plus vite et se rapproche dangereusement de Verbergt. 2 virages après les combes, Kurt déboîte à côté du leader et le passe. Kurt roule depuis plus de 35 minutes et est chaud. Notre concurrent est lui dans la voiture depuis quelques secondes et est cueilli à froid. La victoire est acquise. De leurs côtés, Fred et Vincent terminent en 4ème position, loin devant la BMW de Van Bellingen et de Coens. La Jaguar a abandonné.
La deuxième course sera du même acabit ou presque. Des pilotes très rapides et réguliers, des arrêts aux stands express et nos voitures se retrouvent en 2ème position pour Didier et en 3ème pour Vincent et Fred. Avec une BMW toujours derrière et une Jaguar qui abandonne pour la seconde fois, le week-end est parfait pour nos pilotes. Fred et Vincent consolident leur position en tête du championnat avec 19 points d’avance sur Van Bellingen et Coens. Kurt et Didier prennent quant à eux la troisième marche du podium grâce à leurs 95 points récoltés sur les 100 distribués au cours du week-end. Une fois n’est pas coutume, le meeting BTCS se termine le samedi après-midi pour laisser la place aux 25h Fun Cup. Et exceptionnellement, nous sommes présent dans la course aussi. En quelques mots, sachez que la voiture dont nous nous occupions a terminé à une probante 63ème place sur 162 partants. De son côté, Pierre est invité à rouler sur la n°55 de Pharma Technology. 25 heures après le départ et quelques relais très rapides (pour une Fun Cup) plus tard, Pierre et ses acolytes terminent à une magnifique…5ème place à 3 tours des vainqueurs. Tout cela dans une ambiance décontractée et totalement fun.
Et voilà, c’est les vacances pour le team. En tout cas, en ce qui concerne le BTCS. Il faut en effet attendre encore plus de deux mois pour le 5ème et avant-dernier meeting du championnat. D’ici là, le team devrait s’atteler à préparer la suite de la saison, poursuivre sur la même voie du succès la Legends Cars et retrouver les pistes avec la Formule Renault 1.6 et son pilote David De Saeger. Vous aurez également de nos nouvelles avec l’organisation d’une course de karting qui devrait avoir lieu fin août, début septembre sur le magnifique tracé d’Eupen. A bientôt sur le site Internet du team.
FREDERIC COLAUX